Noël. Comprenez le plus gros coup marketing de tous les temps. Tableau le plus évident pour illustrer le conditionnement résigné de l’homme moderne, Noël est une juxtaposition de traditions païennes, chrétiennes et de propagande commerciale. Personne ou peu dans le monde n’est épargné par cet événement repris et transformé au gré des régimes faussement différents de l’histoire. Comme pour la Saint Valentin, la fête des mères et autres institutions, nous avons besoin que nous soit précisé à quel moment nous devons porter attention à notre prochain et nous réunir.
Le grand patron, j’ai nommé le Père Noël, ordonne à ses petits ouvriers lutins asservis au productivisme d’usiner les présents pour les chanceux enfants de la consommation. Magicien limité, le personnage a recours à un moyen de transport rapide dont le carburant est son unique source d'énergie. Libre de tout organisme de surveillance indépendant, il pénètre l’intimité de tous les foyers puis s’empiffre des mets de remerciements proposés par les familles chez qui il vient déposer les objets avidement désirés, source de bonheur suprême.
En pleine campagne pour les économies d’énergie, un pays entier est bardé de décorations toutes plus coûteuses les unes que les autres comme pour exorciser la crise économique en trame de fond.
Le coup de baguette magique suprême reste l’envoûtement d’une population qui en a pleinement conscience. Même le plus sage d'entre nous est acteurs de cette mascarades grotesque et nous sommes tous récalcitrants à la soi disant extrême prise de position du boycott.
C’est là toute la magie de Noël !